jeudi 26 mars 2020
Il faut espérer un corona virus pour les plus de 70 ans
https://m.youtube.com/watch?v=f9JJjHx8Kjo
'' il faut espérer un corona virus pour les plus de 70 ans ...'' Dominique da Silva député Lrem
Imaginons qu'en 65 quand j'ai passé mon bac, j'aie dit à mes parents qui s'inquiétaient obsessionnellement pour mon avenir, que j'aie un travail 'sûr' (!) avec retraite, congés, assurance et mutuelle (prétexte ou raison de refuser que je fasse des études, trop aléatoire la philo, et démissionner de l'EN* il n'en était pas question) .. imaginons que je leur aie dit que, lorsque j'aurai 70 ans, des lois chiées par des nouveaux salopards supprimeraient sans vergogne ni concertation ces 'avantages' pour partie, ainsi que pour partie également la réversion des pensions dont mon père profita tout naturellement ....
Et enfin qu'on n'en serait même plus là parce qu'un gouvernement misant sur notre disparition et déplorant sa lenteur à venir refuserait par exemple un médicament efficace contre un virus mortel probablement créé par eux et leurs compères dans un labo spécialisé à l'étranger, après avoir laissé s'installer l'épidémie en adoptant toutes sortes de mesures appropriées (appropriées à sa diffusion s'entend) : désinformation, mensonges (pas de panique, ce n'est qu'une grippette) refus de fermer les frontières à des pays super atteints (le foot, c'est sacré).. oui si j'avais alors fait mention de ces occurrences, ils auraient éclaté de rire, comme tous, et m'auraient traitée de dingue. Parano. Cela NE SE POUVAIT PAS. Ce n'était MÊME PAS IMAGINABLE NI IMAGINÉ. Un scénar ridicule de sciences fiction totalement inouï issu d'un complotisme (mais ça ne se disait pas alors) le plus invraisemblable.. de détraquée.
ET BIEN C'EST.
-------------
* J'avais malencontreusement passé le concours de l'école normale d'instit qui me 'tenait' par la bourse qu'ils m'avaient octroyée 3 ans même si j'avair été 'externée' et la majorité étant à 21 ans, impossible de démissionner de mon propre chef, ce devait être eux qui le demandent et sans doute ? remboursent. Me 'rachetent' en quelque sorte.
Vivre sans eau courante ni électricité. 4 ans de parenthèse
En ordre inversé, voici les liens avec les articles constituant une sorte de "journal de bord" de ces deux mois.. qui continuent ... Surlignés en jaune, ceux qui concernent essentiellement la question, en fait la ligne est floue entre les événements, sont-ils ou non reliés à ce mode de vie? Parfois c'est évident, d'autres, non.. En bleu, les poèmes à Nathan; en rose, relié aux poèmes à Nathan, "Mort d'un parrain" y compris le dernier lien ésotérique -les cartes- absolument authentique. Non surlignées, les anecdotes, ou les articles de ML, et surtout les découvertes littéraires qui devraient à elles seules faire l'objet d'un dossier spécial (Arthur Koestler ; Etty Hillsum). En fait tout concerne de près ou de loin cette expérience d'austérité volontaire et nécessaire : dire une bonne fois -presque- merde à EDF qui nous pourrit la vie et la planète après Tchernobyl, Fukushima etc.. et se passer d'eux, ne serait-ce qu'à titre d'expérience..
Dernière minute -après presque 2 mois-... Un phénomène étrange et inattendu s'est produit ; je n'ai plus du tout envie de vivre autrement.Je pensais que je compterais les jours et c'est bien le cas, mais pas comme prévu... A présent les gens qui regardent la télé, font pouet pouet pour avoir leur café me semblent un peu... lointains.. Je sais qu'il faudra revenir à la barbarie (qu'on appelle civilisation) sans doute mais ça m'emmerde.. Je ne suis pas sûre d'y consentir, à terme en tout cas.http://femmesavenir.blogspot.com/2014/08/dossier-vivre-sans-eau-ni-electricite.html
Vieillisme ''ces 'connes' de vieilles qui font leurs commissions trop souvent et contre qui il faudrait envoyer la troupe''
Note liminaire, amonester les vieux de la sorte c'est odieux ms aussi très con parce que les contaminés sont svt et peut être massivement dus aux livreurs, les malheureux livrant essentiellement des malades ! Oui, ce corona virus nous aura fait faire bien des découvertes ! Et du ménage. Verbatim d'un fil qui m'a tourné le sang, de la manière dont il est question comme une bonne blague des vieux indisciplinés de la part de ceux qu'à présent je n'ai plus aucun scrupule à appeler jeunes connards.
S : Sur vannes ça va... Aux alentours... les commerces se plaignent des retraités qui se déplace (sic) tous les jours pour les courses du jour. Veulent pas changer leurs habitudes. Un supermarché à même fait appel aux bénévoles pour les gérer sur la parking et FAIRE LA MORALE. (Majuscules de moi) On va finir par envoyer l armée sur les vieux ici. Les hôtesses de caisses sont furieuses et inquiètes..
D : Forces spéciales pour leur régler le compte.. non mais..On a un dernier drive à faire: on ne sort pas de la voiture.. Ici, en règle générale, c'est plutôt discipliné..Les gens rentrent en très petit groupe.. mes caissières sont très protégées.. Plus de marchés..Les communes sont quasiment désertiques. En voiture, les temps de trajet sont divisés par 2,5 car la circulation est très dense habituellement..Tout cela n'est pas folichon.. Bises masquées !
S : Il faut laisser faire le virus...s'ils veulent pas se plier aux règles... c'est dingue quand meme...ils sont les plus à risque pourtant...
___________
[ J'ai du mal à croire ms si ! j'ai bien lu ! Et QUI écrit !]
HL : Je fais cela, enfin presque, je n'ai pas de congélateur et mon frigo ne marche pas, je vais essayer de le réparer ms sans garanties, je suis une vieille avec ses habitudes, seule, je n'ai pas trop le choix et JE VOUS EMMERDE.
S : Je comprends ta condition et on peut en discuter (!) mais je n'apprécie pas, ms alors pas du tout ton impolitesse.
HL : Peu me chaud ma chère (cad en termes vernaculaires que j'affectionne parfois)
'j'en ai rien à foutre' que vous comprenassiez ma ''condition'' avec cette gentille componction et même en deux mots ! de qui écrase les pieds d'un type en savate avec un escarpin et lui reproche d'avoir crié impoliment voire et mis ses pieds sous son talon... précisant quand même, il est bon, qu'il comprend sa 'douleur' ... 'gentillesse' typique de celle qui, après avoir chié ce que qui est suscrit dans cet ahurissant verbatim, n'est alors que simple (déplacée et humiliante) CONDESCENDANCE, notez en un seul mot mais on peut également comme les vers de terre, en faire deux, ça marche aussi. Salut et fraternité. Nous reprendrons cette conversation d'ici 30 ans quand vous aurez mon âge.
________
Texte ad delphinum pour FB :
Inacceptable ce que j'entends sur les vieux, et stt les vieilles (de sottise, de méchanceté et même de la part de gens de bien) qui vont 'aux' commissions trop souvent. Je fais cela, enfin presque, un peu moins qd m, ms je le FAISAIS jusqu'à la dernière semaine, ayant horreur de stocker, n'ayant pas de congélateur et un frigo qui ne marche pas, je vais essayer de le réparer ms ss garanties, j'ai salement pris le jus la dernière fois ! Evidemment je vis seule, je suis une vieille avec ses habitudes, je n'ai pas trop le choix et ....
S : Sur vannes ça va... Aux alentours... les commerces se plaignent des retraités qui se déplace (sic) tous les jours pour les courses du jour. Veulent pas changer leurs habitudes. Un supermarché à même fait appel aux bénévoles pour les gérer sur la parking et FAIRE LA MORALE. (Majuscules de moi) On va finir par envoyer l armée sur les vieux ici. Les hôtesses de caisses sont furieuses et inquiètes..
D : Forces spéciales pour leur régler le compte.. non mais..On a un dernier drive à faire: on ne sort pas de la voiture.. Ici, en règle générale, c'est plutôt discipliné..Les gens rentrent en très petit groupe.. mes caissières sont très protégées.. Plus de marchés..Les communes sont quasiment désertiques. En voiture, les temps de trajet sont divisés par 2,5 car la circulation est très dense habituellement..Tout cela n'est pas folichon.. Bises masquées !
S : Il faut laisser faire le virus...s'ils veulent pas se plier aux règles... c'est dingue quand meme...ils sont les plus à risque pourtant...
___________
[ J'ai du mal à croire ms si ! j'ai bien lu ! Et QUI écrit !]
HL : Je fais cela, enfin presque, je n'ai pas de congélateur et mon frigo ne marche pas, je vais essayer de le réparer ms sans garanties, je suis une vieille avec ses habitudes, seule, je n'ai pas trop le choix et JE VOUS EMMERDE.
S : Je comprends ta condition et on peut en discuter (!) mais je n'apprécie pas, ms alors pas du tout ton impolitesse.
HL : Peu me chaud ma chère (cad en termes vernaculaires que j'affectionne parfois)
'j'en ai rien à foutre' que vous comprenassiez ma ''condition'' avec cette gentille componction et même en deux mots ! de qui écrase les pieds d'un type en savate avec un escarpin et lui reproche d'avoir crié impoliment voire et mis ses pieds sous son talon... précisant quand même, il est bon, qu'il comprend sa 'douleur' ... 'gentillesse' typique de celle qui, après avoir chié ce que qui est suscrit dans cet ahurissant verbatim, n'est alors que simple (déplacée et humiliante) CONDESCENDANCE, notez en un seul mot mais on peut également comme les vers de terre, en faire deux, ça marche aussi. Salut et fraternité. Nous reprendrons cette conversation d'ici 30 ans quand vous aurez mon âge.
________
Texte ad delphinum pour FB :
Inacceptable ce que j'entends sur les vieux, et stt les vieilles (de sottise, de méchanceté et même de la part de gens de bien) qui vont 'aux' commissions trop souvent. Je fais cela, enfin presque, un peu moins qd m, ms je le FAISAIS jusqu'à la dernière semaine, ayant horreur de stocker, n'ayant pas de congélateur et un frigo qui ne marche pas, je vais essayer de le réparer ms ss garanties, j'ai salement pris le jus la dernière fois ! Evidemment je vis seule, je suis une vieille avec ses habitudes, je n'ai pas trop le choix et ....
LARRIVE / ILLOUZ, non, l'état ne peut gérer le bien public ni le vouloir
Résumé ! de l'article précédent !
Larrivé/Illouz: non l'état ne peut pas gérer le bien public ms c'est L'INVERSE, et si pour le profit on laisse mourir des gens quand un médicament existe ce n'est pas une DÉRIVE ms l'essence du système politico-medico-économique maffieux, un kit http://motsdefemmes.blogspot.com/2020/03/helene-larrive-partir-de-eva-illouz.html… via
Larrivé/Illouz: non l'état ne peut pas gérer le bien public ms c'est L'INVERSE, et si pour le profit on laisse mourir des gens quand un médicament existe ce n'est pas une DÉRIVE ms l'essence du système politico-medico-économique maffieux, un kit http://motsdefemmes.blogspot.com/2020/03/helene-larrive-partir-de-eva-illouz.html… via
Hélène Larrivé à partir de Eva Illouz, analyse de la 'crise'
Analyse, Helene Larrivé, à partir de Michel Foucault, Eva Illouz, Denis Caroll, Larry Brillant, et le 'coup' de Natavoyou (résume 'article plus récent' )
"La santé, selon Michel Foucault, est l’épicentre de la gouvernance moderne (c'est le ''biopouvoir''). A travers la médecine et la santé mentale, l’Etat gère, surveille et contrôle la population. Le contrat implicite passé entre les Etats modernes et leurs citoyens est fondé sur la capacité des premiers à garantir la sécurité et la santé physiques des seconds. Et là, cette crise met en lumière deux opposés :
1 le fait que ce contrat, partout et inéluctablement, dans de nombreuses parties du monde, est progressivement rompu par l’Etat.. [ou le pouvoir, qui a changé de vocation ou révèle celle qui était véritablement sienne en s'auto servant du gâteau sans rien laisser à la plèbe ; si elle meurt, c'est son affaire ; or là, cela s'aperçoit cruellement, elle est indispensable] .. en devenant un acteur économique entièrement dévoué au Capital*. Le résultat, intentionnel ou non, a été une érosion extraordinaire du secteur public.
2 Et le fait, évident aux yeux de tous, que l’Etat, trop compromis par le capital, ne peut NI NE VEUT (contrairement à ce que dit Illouz), gérer et surmonter une crise d’une telle ampleur. Ni aucune autre mais c'est moins visible. Même de grosses entreprises que l'on croyait inexpugnables s'effondrent tel le mammouth Amazon qui ne peut faire plus qu’expédier des colis postaux, et encore, avec de grandes difficultés.
* exemple réduire les coûts du travail, autoriser ou encourager la délocalisation de la production (et, entre autres, celle de médicaments clés), déréguler les activités bancaires et financières et subvenir aux besoins des entreprises.
_________
TRIBUNE. Surveiller et punir. ' Retombées zoonotiques''
Pour Denis Carroll, expert de premier plan en maladies infectieuses, travaillant aux Etats-Unis pour le Centers for Disease Control and Prevention, l’agence nationale de protection de la santé, nous devons nous attendre à voir ce type de pandémies se répéter plus souvent à l’avenir. Et cela en raison de ce qu’il appelle les ''retombées zoonotiques'', c’est-à-dire les conséquences d’un contact de plus en plus fréquent entre des agents pathogènes d’origine animale et les hommes – causé par la présence toujours plus importante des humains dans des écozones qui, jusqu’ici, étaient hors de notre portée, qui s’expliquent par la surpopulation, l’exploitation intensive de la terre (en Afrique, par exemple, l’extraction pétrolière ou minière dans des régions d’ordinaire peu habitées par les hommes). Un ami africain me rapportant les paroles d'un sorcier me disait que l'homme avait violé des espaces sacrés, je dirais simplement à protéger et que nous allions périr de ce qu'il avait laissé échapper.
De même, Caroll et de nombreux autres (dont Bill Gates et l’épidémiologiste Larry Brilliant, directeur de la fondation Google.org) avertissent que des virus inconnus menaceront toujours plus à l’avenir les êtres humains. Le permafrost dégèle, libérant des virus archaïques contre lesquels nous n'avons pas d'immunité. Peu y ont prêté attention selon Illouz, en fait, si, mais pas les moliticiens.. politiciens ! trop occupées à réaliser des bénéfices, toujours plus sans relâche, exploitant terre et main d’œuvre en tous lieux ndlr et les alerteurs n'ont pas ete écoutés.. La crise actuelle est le prix que nous en payons tous.
Post-Corona, (ndlr, et avant un autre !) les retombées zoonotiques, (ndlr les marchés chinois d’animaux vivants par exemple ou n'importe quelles sources de retombées zoonotique devront (devront!) étre contrôlés par la communauté internationale comme un arsenal nucléaire du moins de certains pays jugés dangereux, l’Iran notamment.)
Le milieu des affaires, partout à travers le monde, devra (devra!) réaliser que pour pouvoir exploiter le monde, il faut encore qu’il y ait un monde. (Ndlr, discours 'utinam' je crains qu'ils ne le sachent mais que la passion du profit n'obère sous peu encore une fois ces leçons chez ceux qui nous ont conduits là. Car NOUS SAVIONS pour bcp. Et qu'il faille que ceux qui depuis toujours avertissent prennent afin en main la situation, de TOUTES manières possibles. )
HL :
La peur du public met certaines institutions en danger (elle sert à dépouiller la démocratie de ses institutions) et en promeut d'autres. Mais l’inédit de cette crise, c’est à quel point elle se montre hantée par l’''économisme'' selon Illouz, je préciserais l'''économisme MÉDICAL'', une forme particulière et déterminante. Le modèle britannique (laisser faire, le moins intrusif possible certes revient par l’auto-immunisation à la contamination de 60 % de la population c'est à dire à en sacrifier une partie, les faibles, malades, vieux ou bébés au nom du maintien de l’activité économique ! C'est la raison pour laquelle l'Allemagne et la France avaient ignoré VOLONTAIREMENT, minimisé et menti au sujet de la crise tant que cela fut possible.. alors que (cf Giuliano da Empoli) même la Chine (!) n’a pas osé utiliser ouvertement cet horrible argument, l’''économisme'' la sélection virale ! critère à prendre en considération dans la lutte contre le virus (du moins au début). Le dilemme (qui n'est pas sans précédent contrairement à ce que dit Illouz ) sacrifier la vie de nombreuses personnes âgées et vulnérables ou celle des entreprises ! et pas seulement, comme le dit Illouz, la vie de beaucoup de jeunes et d’indépendants, en fait il s'agissait tout simplement de sacrifier des low classes, qu'on obligeait à travailler) DES COBAYES aux système et à ses patrons. Comme la recherche méficale médicale ! le fait depuis des lustres. Rien de nouveau m si c'est plus visible.
-----------------
Il n’est pas sans ironie que ce soit le monde de la finance, généralement arrogant et si souvent impénétrable, qui ait été le premier à s’effondrer. Cela a montré que la circulation de l’argent dans le monde repose sur une ressource que nous considérions tous comme acquise : la santé des citoyens. (Ndlr non, de CERTAINS ET LA DESTRUCTION d'autres, ex ceux qui bossent dans les mines de coltan.) Les marchés se nourrissent de la confiance comme d’une monnaie pour construire le futur, et il s’avère que la confiance se fonde sur l’hypothèse de la santé. Les Etats modernes ont garanti la santé des citoyens : ils ont construit des hôpitaux, formé des médecins, subventionné la recherche médicale et conçu des systèmes de protection sociale. Ce système de santé était le socle invisible qui rendait possible la confiance dans l’avenir qui, à son tour, conditionne les investissements et la spéculation financière. Sans santé, les transactions économiques perdent leur sens. (Ndlr, pas forcément -ms exact ds l'ensemble- car la maladie aussi rapporte, et le plus qui soit).
La santé (ndlr, de CERTAINS !) était tenue pour acquise ; et ces dernières décennies, les politiciens, les places financières, les grandes entreprises s’accordèrent tous pour promouvoir des politiques qui réduisaient drastiquement les budgets dévolus aux ressources publiques, de l’éducation aux soins de santé, ignorant ainsi de façon paradoxale à quel point les entreprises avaient pu bénéficier de ces biens publics (éducation, santé, infrastructures), sans rien débourser pour cela. Toutes ces ressources dépendent de l’Etat et conditionnent l’existence même des échanges économiques. Pourtant, en France, 100 000 lits d’hôpitaux ont été supprimés ces vingt dernières années (les soins à domicile ne sauraient compenser des lits en unités de soins intensifs). En juin 2019, les médecins et infirmières urgentistes avaient manifesté contre les coupes budgétaires qui sapent le système de santé français – une référence mondiale – jusqu’à le pousser au bord de l’effondrement. (NOTE, C'EST FAIT !)
A l’hôpital Emile Muller de Mulhouse, le 22 mars 2020. Gaël Giraud :
"Avec cette pandémie, la fragilité de notre système nous explose à la figure"
Au moment même où j’écris ces lignes, un collectif de 600 médecins annoncent porter plainte contre le Premier ministre, Edouard Philippe, et l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour leur mauvaise gestion de la crise (jusqu’au 14 mars, aucune mesure n’avait été prise). Aux Etats-Unis, pays le plus puissant de la planète, les médecins se démènent pour trouver des masques, afin de se protéger eux-mêmes. En Israël, en 2019, le ratio lits d’hôpitaux/population totale était tombé à son plus bas niveau depuis trois décennies, selon un rapport publié par le ministère de la Santé.
-------------
La mue indispensable du capitalisme
Netanyahu et ses gouvernements successifs ont négligé le système de santé pour deux raisons :
1 parce que Netanyahu est fondamentalement un néolibéral qui croit en la redistribution de l’argent issu des ressources collectives aux riches sous la forme d’exonérations d’impôts (NDLR, NON QUANDD MÊME, IL N'EST PAS SI CON) ;
2 et parce qu’il a cédé aux exigences des partis ultra-orthodoxes qui sont ses partenaires créant ainsi des pénuries massives dans le système de santé. (Ndlr, pourquoi ?) Le mélange de gravité et d’hystérie avec lequel la crise actuelle a été gérée visait à dissimuler cette stupéfiante impréparation (manque de masques chirurgicaux, de respirateurs artificiels, de combinaisons de protection, de lits, d’unités de soins adéquates, etc.). Netanyahu et d'autres politiciens partout dans le monde ont traité la santé des citoyens avec une légèreté insupportable, échouant à comprendre que sans santé, il ne peut y avoir d’économie. (Ndlr, redite, CA DÉPEND POUR QUI.) La relation entre notre santé et le marché est désormais devenue douloureusement claire.
Le capitalisme tel que nous l’avons connu doit changer. La pandémie va causer des dommages économiques incommensurables, un chômage massif, une croissance en berne ou négative, et elle affectera le monde entier – les économies asiatiques ayant des chances d’en ressortir les plus fortes. Les banques, les entreprises et les sociétés financières devront supporter la charge, aux côtés de l’Etat, de trouver une issue à cette crise (ndlr, les banques ? Surtout les gueux ! Les pauvres) et devenir des partenaires pour la santé collective des citoyens. (Ndlr, de CERTAINS). Elles devront contribuer à la recherche, aux plans de préparation aux urgences nationales, et à l’embauche massive, une fois cette crise terminée. Elles devront porter le fardeau de la reconstruction économique, quand bien même cet effort collectif ne générerait que peu de profits. (Ndlr, un discours 'utinam' un peu hors propos,)
Les capitalistes ont pris pour acquises les ressources fournies par l’Etat – l’éducation, la santé, les infrastructures – sans jamais réaliser que les ressources dont ils spoliaient l’Etat les priveraient, au bout du compte, du monde qui rend l’économie possible. Cela doit cesser. Pour que l’économie ait un sens, elle a besoin d’un monde. Et ce monde ne peut être construit que collectivement, grâce à la contribution du secteur privé au bien commun. Si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne seront pas suffisamment forts pour nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié. (Idem).
Les élites et les butins de guerre LE COUP GÉNIAL DE NATAVOYOU ... NATANYAHOU
En Israël, malgré un bilan relativement peu élevé en terme de vies humaines (jusqu’à présent), la crise du coronavirus a profondément ébranlé les institutions du pays. Comme Naomi Klein n’a cessé de le souligner, les catastrophes sont pour les élites des occasions de s’emparer de butins de guerre et d’en tirer le maximum de profits. Israël en fournit un exemple frappant. Netanyahu a de facto suspendu les droits civiques fondamentaux et fermé les tribunaux (se sauvant ainsi in extremis du procès qui l’attendait). Le 16 mars, au milieu de la nuit, le gouvernement israélien a approuvé le recours à des outils technologiques élaborés par les services secrets du Shin Bet pour traquer les terroristes, afin de localiser et identifier les mouvements des porteurs de virus (et de ceux qu’ils auraient pu contaminer). Il a contourné l’approbation de la Knesset, pourtant prévu par la procédure, et adopté des mesures qu’aucun pays n’avait encore prise – y compris les plus autoritaires.
Les citoyens israéliens ont l’habitude d’obéir rapidement et docilement aux ordres qu’ils reçoivent de l’Etat, en particulier lorsque leur sécurité et leur survie sont en jeu. Ils sont accoutumés à considérer la sécurité comme une raison valable d’enfreindre la loi et de porter atteinte à la démocratie. Mais Netanyahu et ses acolytes ne se sont pas arrêtés là : ils ont mis un coup d’arrêt à la formation de commissions parlementaires, menant de facto ce que certains commentateurs et citoyens ont appelé un « coup d’Etat » politique, privant ainsi le Parlement de sa fonction de contre-pouvoir face à l’exécutif, et refusant les résultats des élections, qui les mettaient en situation de minorité. Le 19 mars, une procession légale de voitures munies de drapeaux noirs pour protester contre la fermeture du Parlement a été stoppée de force par la police, pour la seule raison que celle-ci en avait reçu l’ordre.
Thucydide, l’historien grec du Ve siècle avant Jésus-Christ, écrivait ceci au sujet de la peste qui avait ravagé Athènes durant la deuxième année de la guerre du Péloponnèse : « Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir, cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. » (1) Des crises de ce type peuvent générer du chaos et c’est dans ce genre de circonstances que, bien souvent, des tyrans font leur apparition. Les dictateurs prospèrent sur la peur et le chaos. En Israël, des commentateurs très respectés voient dans la gestion de la crise par Netanyahu un exemple d’une telle exploitation cynique du chaos et de la peur, dans le but de changer les résultats des élections et de se mettre hors de portée de la loi. Ainsi, Israël traverse une crise qui n’a pas d’équivalent ailleurs : sa crise est à la fois sanitaire, économique et politique. Dans des moments comme celui-ci, il est crucial d’avoir confiance dans les personnes occupant les charges publiques ; or, une partie significative de l’opinion publique israélienne est en train de perdre totalement confiance en ses représentants, du ministère de la Santé ou dans les autres branches de l’exécutif.
La bande-annonce de notre futur ?
Ce qui vient redoubler le sentiment de crise, c’est le fait que la pandémie requiert une nouvelle forme de solidarité à travers la distanciation sociale. C’est une solidarité entre les générations, entre les jeunes et les vieux, entre quelqu’un qui ne sait pas qu’il peut être malade et quelqu’un qui pourrait mourir de ce que le premier ne sait pas, une solidarité entre quelqu’un qui a peut-être perdu son travail et quelqu’un qui pourrait perdre la vie. (Oui ms ce n'est pas la 1ère fois cf les épidémies de variole au 17ième au cours desquelles des gens, les femmes surtout se sacrifiaient en s'enferment avec un malade pour le soigner.)
Je suis confinée depuis plusieurs semaines maintenant et l’amour dont mes enfants m’ont couverte a consisté à me laisser seule. (Idem, mais ambigu !) Cette solidarité exige l’isolement et fragmente le corps social en ses plus petites unités possible, ce qui complique nos organisations, nos rencontres, nos communications – (pas forcément , la solitude est parfois aussi propice..)
Nous faisons aujourd’hui l’expérience d’une sociabilité de substitution : l’usage d’Internet a plus que doublé ; les réseaux sociaux sont devenus les nouveaux salons ; le nombre de blagues Corona circulant sur les réseaux sociaux à travers les continents est sans précédent ; la consommation de Netflix et de Prime Video a littéralement explosé ; les étudiants du monde entier suivent désormais des cours virtuels à travers « Zoom » – des salles de classe collaboratives. En résumé, cette maladie, qui nous oblige à revoir de fond en comble toutes les catégories connues de la sociabilité et du soin, est aussi la grande fête de la technologie virtuelle. Je suis persuadée que dans le monde post-Corona, la vie virtuelle longue distance aura conquis une nouvelle autonomie – maintenant que nous avons été contraints de découvrir son potentiel. (Ndlr il y a aussi une dépollution spectaculaire des lieux, ciel, eaux, terre ...)
Nous sortirons de cette crise, grâce au travail héroïque des médecins et des infirmières (infirmiers aussi) et à la résilience des citoyens. De nombreux pays en sortent déjà. Le défi consistera à gérer l’après- pandémie, en tirant les bonnes conclusions : l’Etat, encore une fois, s’est avéré la seule entité capable de faire face à des crises à si grande échelle. (Ndlr QUOIIIIII ? ai-je bien lu ? C'est évidemment l'inverse. Tout dépend ce qu'elle entend par état ms apparemment pas la m acception que moi !)
L’imposture du néolibéralisme est désormais exposée, et doit être dénoncée haut et fort. L’époque où tout acteur économique n’était là que pour "s’en mettre plein les poches" doit finir une bonne fois pour toutes. L’intérêt public doit redevenir la priorité des politiques publiques. Et les entreprises doivent contribuer à ce bien public, si elles veulent que le marché demeure un cadre possible pour les activités humaines. (Idem, utinam).
Laurent Jeanpierre : ''cette pandémie est la répétition générale de la catastrophe écologique''
Cette pandémie est comme une bande-annonce de cinéma qui nous donne un preview, un avant-goût de ce qui peut nous arriver si des virus bien plus dangereux font leur apparition et si le changement climatique rend le monde invivable. Dans des cas pareils, il n’y aura ni intérêt privé ni intérêt public à défendre. Contrairement à ceux qui prédisent une résurgence du nationalisme et un retour des frontières, je crois que seule une réponse internationale coordonnée peut aider à affronter ces risques et périls inédits. Le monde est irrévocablement interdépendant et seule une contribution de ce genre peut nous permettre de faire face à la prochaine crise. Nous aurons besoin d’une coordination et d’une coopération internationales d’un type nouveau, afin d’empêcher de futures retombées zoonotiques, pour étudier les maladies, pour innover dans les domaines de l’équipement médical et de la recherche, et plus que tout, il faudra réinvestir les richesses considérables amassées par les entités privées dans les biens communs. (?) Telle sera la condition pour avoir un monde.
(1) Thucydide, « La Guerre du Péloponnèse », chap. 2, 52.
Eva Illouz, bio express Sociologue franco-israélienne, considérée comme l’une des plus importantes figures de la pensée mondiale. Directrice d’études à l’EHESS (?) et professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, elle étudie le développement du capitalisme sous l’angle des subjectivités. Elle a récemment publié "Happycratie" (2018), ''les Marchandises émotionnelles'' (Premier Parallèle, 2019) et, le 6 février 2020, "la Fin de l’amour", aux éditions du Seuil.)
"La santé, selon Michel Foucault, est l’épicentre de la gouvernance moderne (c'est le ''biopouvoir''). A travers la médecine et la santé mentale, l’Etat gère, surveille et contrôle la population. Le contrat implicite passé entre les Etats modernes et leurs citoyens est fondé sur la capacité des premiers à garantir la sécurité et la santé physiques des seconds. Et là, cette crise met en lumière deux opposés :
1 le fait que ce contrat, partout et inéluctablement, dans de nombreuses parties du monde, est progressivement rompu par l’Etat.. [ou le pouvoir, qui a changé de vocation ou révèle celle qui était véritablement sienne en s'auto servant du gâteau sans rien laisser à la plèbe ; si elle meurt, c'est son affaire ; or là, cela s'aperçoit cruellement, elle est indispensable] .. en devenant un acteur économique entièrement dévoué au Capital*. Le résultat, intentionnel ou non, a été une érosion extraordinaire du secteur public.
2 Et le fait, évident aux yeux de tous, que l’Etat, trop compromis par le capital, ne peut NI NE VEUT (contrairement à ce que dit Illouz), gérer et surmonter une crise d’une telle ampleur. Ni aucune autre mais c'est moins visible. Même de grosses entreprises que l'on croyait inexpugnables s'effondrent tel le mammouth Amazon qui ne peut faire plus qu’expédier des colis postaux, et encore, avec de grandes difficultés.
* exemple réduire les coûts du travail, autoriser ou encourager la délocalisation de la production (et, entre autres, celle de médicaments clés), déréguler les activités bancaires et financières et subvenir aux besoins des entreprises.
_________
TRIBUNE. Surveiller et punir. ' Retombées zoonotiques''
Pour Denis Carroll, expert de premier plan en maladies infectieuses, travaillant aux Etats-Unis pour le Centers for Disease Control and Prevention, l’agence nationale de protection de la santé, nous devons nous attendre à voir ce type de pandémies se répéter plus souvent à l’avenir. Et cela en raison de ce qu’il appelle les ''retombées zoonotiques'', c’est-à-dire les conséquences d’un contact de plus en plus fréquent entre des agents pathogènes d’origine animale et les hommes – causé par la présence toujours plus importante des humains dans des écozones qui, jusqu’ici, étaient hors de notre portée, qui s’expliquent par la surpopulation, l’exploitation intensive de la terre (en Afrique, par exemple, l’extraction pétrolière ou minière dans des régions d’ordinaire peu habitées par les hommes). Un ami africain me rapportant les paroles d'un sorcier me disait que l'homme avait violé des espaces sacrés, je dirais simplement à protéger et que nous allions périr de ce qu'il avait laissé échapper.
De même, Caroll et de nombreux autres (dont Bill Gates et l’épidémiologiste Larry Brilliant, directeur de la fondation Google.org) avertissent que des virus inconnus menaceront toujours plus à l’avenir les êtres humains. Le permafrost dégèle, libérant des virus archaïques contre lesquels nous n'avons pas d'immunité. Peu y ont prêté attention selon Illouz, en fait, si, mais pas les moliticiens.. politiciens ! trop occupées à réaliser des bénéfices, toujours plus sans relâche, exploitant terre et main d’œuvre en tous lieux ndlr et les alerteurs n'ont pas ete écoutés.. La crise actuelle est le prix que nous en payons tous.
Post-Corona, (ndlr, et avant un autre !) les retombées zoonotiques, (ndlr les marchés chinois d’animaux vivants par exemple ou n'importe quelles sources de retombées zoonotique devront (devront!) étre contrôlés par la communauté internationale comme un arsenal nucléaire du moins de certains pays jugés dangereux, l’Iran notamment.)
Le milieu des affaires, partout à travers le monde, devra (devra!) réaliser que pour pouvoir exploiter le monde, il faut encore qu’il y ait un monde. (Ndlr, discours 'utinam' je crains qu'ils ne le sachent mais que la passion du profit n'obère sous peu encore une fois ces leçons chez ceux qui nous ont conduits là. Car NOUS SAVIONS pour bcp. Et qu'il faille que ceux qui depuis toujours avertissent prennent afin en main la situation, de TOUTES manières possibles. )
HL :
La peur du public met certaines institutions en danger (elle sert à dépouiller la démocratie de ses institutions) et en promeut d'autres. Mais l’inédit de cette crise, c’est à quel point elle se montre hantée par l’''économisme'' selon Illouz, je préciserais l'''économisme MÉDICAL'', une forme particulière et déterminante. Le modèle britannique (laisser faire, le moins intrusif possible certes revient par l’auto-immunisation à la contamination de 60 % de la population c'est à dire à en sacrifier une partie, les faibles, malades, vieux ou bébés au nom du maintien de l’activité économique ! C'est la raison pour laquelle l'Allemagne et la France avaient ignoré VOLONTAIREMENT, minimisé et menti au sujet de la crise tant que cela fut possible.. alors que (cf Giuliano da Empoli) même la Chine (!) n’a pas osé utiliser ouvertement cet horrible argument, l’''économisme'' la sélection virale ! critère à prendre en considération dans la lutte contre le virus (du moins au début). Le dilemme (qui n'est pas sans précédent contrairement à ce que dit Illouz ) sacrifier la vie de nombreuses personnes âgées et vulnérables ou celle des entreprises ! et pas seulement, comme le dit Illouz, la vie de beaucoup de jeunes et d’indépendants, en fait il s'agissait tout simplement de sacrifier des low classes, qu'on obligeait à travailler) DES COBAYES aux système et à ses patrons. Comme la recherche méficale médicale ! le fait depuis des lustres. Rien de nouveau m si c'est plus visible.
-----------------
Il n’est pas sans ironie que ce soit le monde de la finance, généralement arrogant et si souvent impénétrable, qui ait été le premier à s’effondrer. Cela a montré que la circulation de l’argent dans le monde repose sur une ressource que nous considérions tous comme acquise : la santé des citoyens. (Ndlr non, de CERTAINS ET LA DESTRUCTION d'autres, ex ceux qui bossent dans les mines de coltan.) Les marchés se nourrissent de la confiance comme d’une monnaie pour construire le futur, et il s’avère que la confiance se fonde sur l’hypothèse de la santé. Les Etats modernes ont garanti la santé des citoyens : ils ont construit des hôpitaux, formé des médecins, subventionné la recherche médicale et conçu des systèmes de protection sociale. Ce système de santé était le socle invisible qui rendait possible la confiance dans l’avenir qui, à son tour, conditionne les investissements et la spéculation financière. Sans santé, les transactions économiques perdent leur sens. (Ndlr, pas forcément -ms exact ds l'ensemble- car la maladie aussi rapporte, et le plus qui soit).
La santé (ndlr, de CERTAINS !) était tenue pour acquise ; et ces dernières décennies, les politiciens, les places financières, les grandes entreprises s’accordèrent tous pour promouvoir des politiques qui réduisaient drastiquement les budgets dévolus aux ressources publiques, de l’éducation aux soins de santé, ignorant ainsi de façon paradoxale à quel point les entreprises avaient pu bénéficier de ces biens publics (éducation, santé, infrastructures), sans rien débourser pour cela. Toutes ces ressources dépendent de l’Etat et conditionnent l’existence même des échanges économiques. Pourtant, en France, 100 000 lits d’hôpitaux ont été supprimés ces vingt dernières années (les soins à domicile ne sauraient compenser des lits en unités de soins intensifs). En juin 2019, les médecins et infirmières urgentistes avaient manifesté contre les coupes budgétaires qui sapent le système de santé français – une référence mondiale – jusqu’à le pousser au bord de l’effondrement. (NOTE, C'EST FAIT !)
A l’hôpital Emile Muller de Mulhouse, le 22 mars 2020. Gaël Giraud :
"Avec cette pandémie, la fragilité de notre système nous explose à la figure"
Au moment même où j’écris ces lignes, un collectif de 600 médecins annoncent porter plainte contre le Premier ministre, Edouard Philippe, et l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour leur mauvaise gestion de la crise (jusqu’au 14 mars, aucune mesure n’avait été prise). Aux Etats-Unis, pays le plus puissant de la planète, les médecins se démènent pour trouver des masques, afin de se protéger eux-mêmes. En Israël, en 2019, le ratio lits d’hôpitaux/population totale était tombé à son plus bas niveau depuis trois décennies, selon un rapport publié par le ministère de la Santé.
-------------
La mue indispensable du capitalisme
Netanyahu et ses gouvernements successifs ont négligé le système de santé pour deux raisons :
1 parce que Netanyahu est fondamentalement un néolibéral qui croit en la redistribution de l’argent issu des ressources collectives aux riches sous la forme d’exonérations d’impôts (NDLR, NON QUANDD MÊME, IL N'EST PAS SI CON) ;
2 et parce qu’il a cédé aux exigences des partis ultra-orthodoxes qui sont ses partenaires créant ainsi des pénuries massives dans le système de santé. (Ndlr, pourquoi ?) Le mélange de gravité et d’hystérie avec lequel la crise actuelle a été gérée visait à dissimuler cette stupéfiante impréparation (manque de masques chirurgicaux, de respirateurs artificiels, de combinaisons de protection, de lits, d’unités de soins adéquates, etc.). Netanyahu et d'autres politiciens partout dans le monde ont traité la santé des citoyens avec une légèreté insupportable, échouant à comprendre que sans santé, il ne peut y avoir d’économie. (Ndlr, redite, CA DÉPEND POUR QUI.) La relation entre notre santé et le marché est désormais devenue douloureusement claire.
Le capitalisme tel que nous l’avons connu doit changer. La pandémie va causer des dommages économiques incommensurables, un chômage massif, une croissance en berne ou négative, et elle affectera le monde entier – les économies asiatiques ayant des chances d’en ressortir les plus fortes. Les banques, les entreprises et les sociétés financières devront supporter la charge, aux côtés de l’Etat, de trouver une issue à cette crise (ndlr, les banques ? Surtout les gueux ! Les pauvres) et devenir des partenaires pour la santé collective des citoyens. (Ndlr, de CERTAINS). Elles devront contribuer à la recherche, aux plans de préparation aux urgences nationales, et à l’embauche massive, une fois cette crise terminée. Elles devront porter le fardeau de la reconstruction économique, quand bien même cet effort collectif ne générerait que peu de profits. (Ndlr, un discours 'utinam' un peu hors propos,)
Les capitalistes ont pris pour acquises les ressources fournies par l’Etat – l’éducation, la santé, les infrastructures – sans jamais réaliser que les ressources dont ils spoliaient l’Etat les priveraient, au bout du compte, du monde qui rend l’économie possible. Cela doit cesser. Pour que l’économie ait un sens, elle a besoin d’un monde. Et ce monde ne peut être construit que collectivement, grâce à la contribution du secteur privé au bien commun. Si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne seront pas suffisamment forts pour nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié. (Idem).
Les élites et les butins de guerre LE COUP GÉNIAL DE NATAVOYOU ... NATANYAHOU
En Israël, malgré un bilan relativement peu élevé en terme de vies humaines (jusqu’à présent), la crise du coronavirus a profondément ébranlé les institutions du pays. Comme Naomi Klein n’a cessé de le souligner, les catastrophes sont pour les élites des occasions de s’emparer de butins de guerre et d’en tirer le maximum de profits. Israël en fournit un exemple frappant. Netanyahu a de facto suspendu les droits civiques fondamentaux et fermé les tribunaux (se sauvant ainsi in extremis du procès qui l’attendait). Le 16 mars, au milieu de la nuit, le gouvernement israélien a approuvé le recours à des outils technologiques élaborés par les services secrets du Shin Bet pour traquer les terroristes, afin de localiser et identifier les mouvements des porteurs de virus (et de ceux qu’ils auraient pu contaminer). Il a contourné l’approbation de la Knesset, pourtant prévu par la procédure, et adopté des mesures qu’aucun pays n’avait encore prise – y compris les plus autoritaires.
Les citoyens israéliens ont l’habitude d’obéir rapidement et docilement aux ordres qu’ils reçoivent de l’Etat, en particulier lorsque leur sécurité et leur survie sont en jeu. Ils sont accoutumés à considérer la sécurité comme une raison valable d’enfreindre la loi et de porter atteinte à la démocratie. Mais Netanyahu et ses acolytes ne se sont pas arrêtés là : ils ont mis un coup d’arrêt à la formation de commissions parlementaires, menant de facto ce que certains commentateurs et citoyens ont appelé un « coup d’Etat » politique, privant ainsi le Parlement de sa fonction de contre-pouvoir face à l’exécutif, et refusant les résultats des élections, qui les mettaient en situation de minorité. Le 19 mars, une procession légale de voitures munies de drapeaux noirs pour protester contre la fermeture du Parlement a été stoppée de force par la police, pour la seule raison que celle-ci en avait reçu l’ordre.
Thucydide, l’historien grec du Ve siècle avant Jésus-Christ, écrivait ceci au sujet de la peste qui avait ravagé Athènes durant la deuxième année de la guerre du Péloponnèse : « Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir, cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. » (1) Des crises de ce type peuvent générer du chaos et c’est dans ce genre de circonstances que, bien souvent, des tyrans font leur apparition. Les dictateurs prospèrent sur la peur et le chaos. En Israël, des commentateurs très respectés voient dans la gestion de la crise par Netanyahu un exemple d’une telle exploitation cynique du chaos et de la peur, dans le but de changer les résultats des élections et de se mettre hors de portée de la loi. Ainsi, Israël traverse une crise qui n’a pas d’équivalent ailleurs : sa crise est à la fois sanitaire, économique et politique. Dans des moments comme celui-ci, il est crucial d’avoir confiance dans les personnes occupant les charges publiques ; or, une partie significative de l’opinion publique israélienne est en train de perdre totalement confiance en ses représentants, du ministère de la Santé ou dans les autres branches de l’exécutif.
La bande-annonce de notre futur ?
Ce qui vient redoubler le sentiment de crise, c’est le fait que la pandémie requiert une nouvelle forme de solidarité à travers la distanciation sociale. C’est une solidarité entre les générations, entre les jeunes et les vieux, entre quelqu’un qui ne sait pas qu’il peut être malade et quelqu’un qui pourrait mourir de ce que le premier ne sait pas, une solidarité entre quelqu’un qui a peut-être perdu son travail et quelqu’un qui pourrait perdre la vie. (Oui ms ce n'est pas la 1ère fois cf les épidémies de variole au 17ième au cours desquelles des gens, les femmes surtout se sacrifiaient en s'enferment avec un malade pour le soigner.)
Je suis confinée depuis plusieurs semaines maintenant et l’amour dont mes enfants m’ont couverte a consisté à me laisser seule. (Idem, mais ambigu !) Cette solidarité exige l’isolement et fragmente le corps social en ses plus petites unités possible, ce qui complique nos organisations, nos rencontres, nos communications – (pas forcément , la solitude est parfois aussi propice..)
Nous faisons aujourd’hui l’expérience d’une sociabilité de substitution : l’usage d’Internet a plus que doublé ; les réseaux sociaux sont devenus les nouveaux salons ; le nombre de blagues Corona circulant sur les réseaux sociaux à travers les continents est sans précédent ; la consommation de Netflix et de Prime Video a littéralement explosé ; les étudiants du monde entier suivent désormais des cours virtuels à travers « Zoom » – des salles de classe collaboratives. En résumé, cette maladie, qui nous oblige à revoir de fond en comble toutes les catégories connues de la sociabilité et du soin, est aussi la grande fête de la technologie virtuelle. Je suis persuadée que dans le monde post-Corona, la vie virtuelle longue distance aura conquis une nouvelle autonomie – maintenant que nous avons été contraints de découvrir son potentiel. (Ndlr il y a aussi une dépollution spectaculaire des lieux, ciel, eaux, terre ...)
Nous sortirons de cette crise, grâce au travail héroïque des médecins et des infirmières (infirmiers aussi) et à la résilience des citoyens. De nombreux pays en sortent déjà. Le défi consistera à gérer l’après- pandémie, en tirant les bonnes conclusions : l’Etat, encore une fois, s’est avéré la seule entité capable de faire face à des crises à si grande échelle. (Ndlr QUOIIIIII ? ai-je bien lu ? C'est évidemment l'inverse. Tout dépend ce qu'elle entend par état ms apparemment pas la m acception que moi !)
L’imposture du néolibéralisme est désormais exposée, et doit être dénoncée haut et fort. L’époque où tout acteur économique n’était là que pour "s’en mettre plein les poches" doit finir une bonne fois pour toutes. L’intérêt public doit redevenir la priorité des politiques publiques. Et les entreprises doivent contribuer à ce bien public, si elles veulent que le marché demeure un cadre possible pour les activités humaines. (Idem, utinam).
Laurent Jeanpierre : ''cette pandémie est la répétition générale de la catastrophe écologique''
Cette pandémie est comme une bande-annonce de cinéma qui nous donne un preview, un avant-goût de ce qui peut nous arriver si des virus bien plus dangereux font leur apparition et si le changement climatique rend le monde invivable. Dans des cas pareils, il n’y aura ni intérêt privé ni intérêt public à défendre. Contrairement à ceux qui prédisent une résurgence du nationalisme et un retour des frontières, je crois que seule une réponse internationale coordonnée peut aider à affronter ces risques et périls inédits. Le monde est irrévocablement interdépendant et seule une contribution de ce genre peut nous permettre de faire face à la prochaine crise. Nous aurons besoin d’une coordination et d’une coopération internationales d’un type nouveau, afin d’empêcher de futures retombées zoonotiques, pour étudier les maladies, pour innover dans les domaines de l’équipement médical et de la recherche, et plus que tout, il faudra réinvestir les richesses considérables amassées par les entités privées dans les biens communs. (?) Telle sera la condition pour avoir un monde.
(1) Thucydide, « La Guerre du Péloponnèse », chap. 2, 52.
Eva Illouz, bio express Sociologue franco-israélienne, considérée comme l’une des plus importantes figures de la pensée mondiale. Directrice d’études à l’EHESS (?) et professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, elle étudie le développement du capitalisme sous l’angle des subjectivités. Elle a récemment publié "Happycratie" (2018), ''les Marchandises émotionnelles'' (Premier Parallèle, 2019) et, le 6 février 2020, "la Fin de l’amour", aux éditions du Seuil.)
Inscription à :
Articles (Atom)



